AGRI-CULTURES URBAINES

 

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Typologie : Un projet agri-urbain

Cadre : Travail personnel de fin d'études

> Localisation Vallée de la Chézine, Nantes (44)

> Date 2008


Renouveler le lien symbolique et matériel entre la société citadine et le territoire agricole n’est pas tant d’organiser une nouvelle appropriation esthétisante de l’une sur l’autre, mais bien de tout mettre en œuvre pour que s’opère une synthèse inédite, entre les aspirations urbaines contemporaines et les impératifs agricoles. Le paysage devient l’objet et l'outil de cette construction mutuelle. A la fois le résultat cohérent de l’ensemble des significations et un langage commun, un mode de compréhension entre l’agriculture réinvestie de la totalité de ses fonctions sociales et les populations urbaines, bousculées par l’humilité d’une dialectique nouvelle entre ses désirs de paysage et l’espace de production qui la nourrit (bien).

 

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      Le chemin creux                          Le chemin-paysage                            Le chemin-ponton

 

Les chemins sont partagés entre fonctions agricoles et fonctions de loisir. Ils sont envisagés de telle sorte qu'ils concilient dans une même figure ces deux fonctions. L'efficacité d'accès aux parcelles, de passage des engins est alors le corollaire de la pertinence paysagère, la banalité agraire fait ici paysage. De plus, en servant à la fois l'agriculteur et le promeneur, ces chemins sont des espaces de rencontres et de partages nécessaires.

Le chemin creux, figure traditionnelle et pittoresque, est cependant obsolète pour l'agriculteur et frustrant pour le promeneur qui n'aperçoit rien autour.

Le chemin-paysage, figure mixte mais respectueuse des haies, répond à la fois aux exigences techniques nécessaires au fonctionnement de l'exploitation (largeur et pente) ainsi qu'aux aspirations des promeneurs en leur ouvrant des points de vues sur les parcelles alentour.

Le chemin-ponton, figure totalement nouvelle, permet au promeneur d'accéder à une position inédite et séduisante au beau milieu d'une parcelle qui est aussi un talweg humide, en tête à tête avec les vaches.

 


> Une remise en culture viable

La viabilité économique de la remise en culture de l'ensemble de la vallée de la Chézine n'est pas à prendre comme une annexe du projet paysagiste, bien au contraire. Le paysage de cette vallée en friche résulte d'un abandon précisément motivé par la soit disante aberration économique de cultiver et d'élever aussi proche de la ville. Mais si les contraintes, réelles, de cette proximité : réseau routier, mitage, etc. ont eut raison d'une certaine forme d'agriculture elle peut en revanche faire le bonheur d'une autre dont le modèle économique se baserait justement sur cette proximité.

 


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Principe de défrichage animal / en utilisant les exigences alimentaires de cheptels différents (mécanique + chèvres puis moutons et enfin Highland Cattle)

 

 

> Une structuration agricole adaptée

La carte si dessous est le résultat de la prise en compte de l'ensemble des contraintes et avantages de la proximité urbaine. Elle a été produite en collaboration avec Nicolas Moreau, agriculteur bio à Blains (44).

De la réduction de la taille des exploitations, au positionnement des bâtiments, au type d'agriculture, au tracé des chemins, au fonctionnement intra et inter exploitation, au système de vente directe tous les critères nécessaires au fonctionnement viable de la vallée redevenue agricole ont été envisagés et traduits par cette carte.

La seule donnée, qui était un postulat de départ de la réflexion, dont la maîtrise n'est ici pas questionnée est la question du foncier. Nantes Métropole envisageant très sérieusement d'implanter une forêt urbaine dans la vallée de la Chézine, elle a prévu à terme la maîtrise par la préemption de l'ensemble des terrains la composant. C'est cette maîtrise du foncier par la puissance publique qui rend possible un tel projet.


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